Rentrée : comment éviter que le rythme ne vous mène au surmenage ?

Rentrée : comment éviter que le rythme ne vous mène au surmenage ?

La rentrée donne parfois l'impression que tout redémarre en même temps. Après les vacances, les horaires changent, les messages s'accumulent, les activités reprennent et les semaines se remplissent avant même que le nouveau rythme ait pu s'installer.

Face à cette accélération, nous pouvons être tentés d'essayer de tout anticiper et tout contrôler : penser à ce qu'il ne faut pas oublier, répondre rapidement aux sollicitations, accepter une demande supplémentaire ou repousser à plus tard les moments où nous pourrions souffler.

Pendant quelque temps, cette façon de fonctionner peut même donner le sentiment d'être particulièrement efficace. Mais lorsque les sollicitations s'accumulent sans récupération suffisante, la tension peut progressivement s'installer.

Alors, plutôt que d'attendre de se sentir complètement débordé, comment repérer ce qui est en train de se passer et retrouver un rythme plus équilibré ?

Comprendre

Comment la surcharge peut-elle s'installer ?

Une rentrée chargée ne conduit évidemment pas nécessairement au surmenage.

Notre organisme est capable de s'adapter à une augmentation temporaire des sollicitations. Une période intense peut ainsi être compensée par des moments permettant de récupérer et de relâcher progressivement la tension.

La difficulté apparaît davantage lorsque les sollicitations restent importantes alors que les possibilités de récupération deviennent insuffisantes.

Cela peut arriver lorsque nous avons pris l'habitude de rester constamment disponibles : terminer une tâche en pensant déjà à la suivante, consulter ses messages pendant une pause, continuer à organiser mentalement sa journée une fois rentré chez soi...

Le corps et l'esprit disposent alors de moins d'occasions de relâcher la tension accumulée.

Lorsque cette situation se prolonge et que les réactions de stress deviennent durables, on parle de stress chronique. Contrairement au stress ponctuel, qui permet à l'organisme de s'adapter temporairement à une situation, le stress chronique maintient l'organisme sollicité sur une période prolongée.

L'INRS rappelle qu'il peut notamment s'accompagner de fatigue, de troubles du sommeil, de difficultés de concentration et de différentes manifestations physiques ou émotionnelles.

Le surmenage ne s'installe donc généralement pas du jour au lendemain. Il peut apparaître progressivement, avec des changements que l'on attribue facilement au départ à « une grosse semaine » ou simplement à la rentrée.

Ressentir et se reconnaître

Que se passe-t-il chez vous ?

Avant de chercher immédiatement à changer votre organisation, il peut être intéressant d'apprendre à reconnaître la façon dont cette surcharge se manifeste chez vous.

Dans votre corps, vous pouvez par exemple remarquer :

  • des tensions dans les épaules, la nuque ou la mâchoire ;
  • une respiration plus courte ;
  • une fatigue plus présente ;
  • un sommeil moins réparateur.

Dans vos pensées :

  • l'impression de devoir penser à tout ;
  • des pensées qui continuent à tourner une fois la journée terminée ;
  • davantage de difficultés à vous concentrer ou à prendre du recul.

Dans vos émotions et vos comportements :

  • davantage d'irritabilité ou d'impatience ;
  • la sensation d'être rapidement débordé ;
  • une difficulté à vous arrêter ou à ne rien faire ;
  • la tendance à passer rapidement d'une tâche à une autre.

Ces manifestations ne signifient pas nécessairement que vous êtes en situation de surmenage. Ce qui mérite surtout votre attention est leur répétition, leur intensité et leur évolution dans le temps.

Et chacun réagit différemment : c'est justement en apprenant à reconnaître vos propres signaux que vous pourrez plus facilement agir avant que la surcharge ne s'installe.

Agir au quotidien

Où se trouve votre marge de manœuvre ?

L'objectif n'est pas nécessairement de ralentir toute votre vie. Certaines contraintes de la rentrée ne dépendent tout simplement pas de vous.

Il peut en revanche être utile de chercher ce sur quoi vous pouvez réellement agir.

Choisissez ce qui mérite votre énergie

Lorsque tout semble important, nous pouvons finir par traiter chaque demande comme une priorité.

Essayez de choisir trois priorités pour les quinze prochains jours : par exemple une professionnelle, une familiale et une personnelle.

Le reste ne devient pas sans importance. Vous décidez simplement où vous souhaitez placer votre énergie en premier.

Questionnez l'urgence

Une nouvelle sollicitation peut immédiatement faire apparaître une pensée : « Il faut que je m'en occupe. »

Avant d'agir, essayez de vous demander :

Est-ce réellement urgent ou est-ce que je ressens simplement le besoin de m'en débarrasser rapidement ?

Parfois, différer une réponse de quelques heures ne change rien à la situation et permet simplement de terminer ce que nous étions en train de faire.

Faites de certaines pauses de véritables pauses

Nous pouvons nous arrêter physiquement sans réellement interrompre les sollicitations : consulter ses messages, parcourir les actualités ou commencer à organiser la suite de la journée maintient notre attention occupée.

Essayez de préserver quelques moments dans votre journée sans nouvelle sollicitation, même s'ils ne durent que quelques minutes.

Il ne s'agit pas forcément de « faire quelque chose pour se détendre ». Vous pouvez simplement ne rien ajouter.

Acceptez une période d'adaptation

Vous n'avez pas besoin d'avoir trouvé l'organisation parfaite dès les premières semaines de septembre.

Certaines habitudes vont fonctionner, d'autres devront être ajustées. Observer ce qui vous convient réellement peut être plus utile que chercher immédiatement à tout optimiser.

🌿 Cette semaine, observez...

À quel moment de ma journée ai-je le plus souvent l'impression de devoir tout faire en même temps ?

Pendant quelques jours, ne cherchez pas nécessairement à modifier votre organisation.

Lorsque ce moment se présente, essayez d'observer ce qui se passe.

Que vous dit votre mental ?
Que ressentez-vous dans votre corps ?
Quelle émotion est présente ?
Que faites-vous spontanément ?

Vous accélérez peut-être, passez d'une tâche à l'autre, contractez certaines parties de votre corps ou acceptez immédiatement une nouvelle sollicitation.

Ne cherchez pas encore à corriger votre réaction. Commencez simplement par la reconnaître.

Expérimenter avec la sophrologie

Tension et relâchement

Une fois que vous avez identifié un moment où la tension a tendance à augmenter, vous pouvez expérimenter cet exercice simple.

Il permet notamment de porter attention à ce que vous ressentez lorsque votre corps passe volontairement d'un état de tension à un état de relâchement.

1. Créer une légère tension

Asseyez-vous confortablement.

En inspirant, serrez doucement les poings et remontez légèrement les épaules vers les oreilles.

Gardez l'air une ou deux secondes si cela reste confortable, sans forcer.

Femme assise, les bras le long du corps, les poings fermés et les épaules relevées
Créer une légère tension en fermant les poings et en relevant les épaules.

2. Relâcher

Expirez tranquillement en laissant les épaules redescendre et les mains se détendre.

Relâchez également autant que possible les muscles du visage.

Femme assise, le visage détendu, les épaules basses et les mains retombant naturellement le long du corps
Relâcher le visage et les épaules, puis laisser les bras et les mains retomber naturellement le long du corps.

Puis prenez quelques instants pour ressentir ce qui se passe dans votre corps, sans chercher à obtenir une sensation particulière.

Vous pouvez répéter l'exercice trois fois.

Pour terminer, regardez tranquillement autour de vous et identifiez trois éléments présents dans votre environnement avant de reprendre votre activité.

Puis posez-vous simplement cette question :

Qu'est-ce qui est différent entre avant et après l'exercice ?

Il n'y a pas de bonne réponse. Vous pouvez ressentir une différence importante, légère ou ne rien remarquer de particulier.

L'objectif est aussi d'apprendre progressivement à mieux percevoir vos propres sensations.

Si la sensation de surmenage persiste

Certaines périodes plus chargées demandent simplement un temps d'adaptation.

En revanche, si la fatigue ou la sensation de surcharge s'installe durablement, perturbe votre sommeil, votre humeur, votre travail ou votre vie quotidienne malgré les ajustements mis en place, il est important d'en parler à votre médecin ou à un professionnel de santé.

La sophrologie peut accompagner cette période en aidant notamment à mieux reconnaître ses tensions, retrouver des possibilités de récupération et prendre davantage de recul.

Elle reste cependant une approche complémentaire et ne remplace ni un avis médical, ni un traitement ou une prise en charge lorsqu'ils sont nécessaires.

Prendre soin de soi ne signifie pas nécessairement tout ralentir. Cela peut commencer plus simplement : comprendre ce qui nous sollicite, ressentir la manière dont nous y réagissons et retrouver progressivement une marge de choix pour agir.

Pour aller plus loin

Quel accompagnement selon votre situation ?

Un article peut parfois suffire à prendre conscience d'une habitude, essayer un changement ou découvrir un exercice à réutiliser.

D'autres situations demandent davantage de temps.

Les ateliers collectifs permettent d'approfondir certaines thématiques, de mieux comprendre son fonctionnement et d'expérimenter différents outils avec d'autres participants.

Lorsqu'une difficulté est plus personnelle ou installée depuis plus longtemps, un accompagnement individuel permet de partir de ce que vous vivez et d'adapter les échanges, les conseils et les exercices à vos besoins.

À propos de Aurélie Braud

Sophrologue certifiée à Vannes, spécialisée dans la gestion du stress, de l'anxiété et des conséquences d'un vécu traumatique

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